Depuis le 22 juillet 2026, les Aperçus IA et le Mode IA de Google sont déployés en France. Sur une partie des requêtes, un résumé généré occupe désormais le haut de la page, avant les liens classiques, et repousse ces derniers plus bas que le premier écran. Google n'offre aucun réglage pour désactiver cet affichage côté internaute, ce qui a fait ressurgir un paramètre d'adresse connu depuis 2024 et capable de ramener une page de résultats dépouillée. Nous détaillons ici ce que fait réellement ce paramètre, la marche à suivre pour chaque navigateur, ce que ces méthodes ne couvrent pas, l'usage professionnel qu'un référenceur peut en tirer, et les seuls leviers dont dispose un éditeur qui souhaite maîtriser la présence de son site dans ces surfaces.

Ce qui a changé et ce que Google propose

Comprendre la nature exacte du contournement évite de lui prêter des vertus qu'il n'a pas, et de s'étonner qu'il cesse un jour de fonctionner.

Le déploiement français

L'annonce du 22 juillet 2026 porte sur trois éléments distincts : les Aperçus IA, ces résumés placés en tête de page, le Mode IA, qui est une interface conversationnelle décomposant une question en sous-recherches, et une barre de recherche remaniée acceptant texte, images et fichiers. Google précise que ces affichages n'apparaissent que lorsque ses systèmes estiment qu'une réponse générée est utile pour la requête. Le déploiement s'est fait progressivement sur le web et dans les applications mobiles, ce qui explique que deux personnes voient encore aujourd'hui des pages différentes pour une même requête. Cette variabilité complique toute mesure faite sur un seul poste, et elle impose de comparer plusieurs appareils avant de conclure qu'un affichage est généralisé sur une famille de requêtes.

Aucun réglage côté internaute

Il n'existe pas de case à cocher dans les préférences de recherche pour supprimer ces résumés, et rien n'indique qu'il en existera une. Cette absence est cohérente avec la logique du produit : l'affichage est décidé par le système en fonction de la requête, pas par une préférence de l'utilisateur. Toutes les méthodes qui circulent relèvent donc du contournement, avec ce que cela suppose de fragilité. Aucune d'elles ne relève d'une fonctionnalité prévue à cet effet, ce qui doit être dit clairement avant d'en recommander une.

Ce que fait le paramètre udm

Ajouté à une adresse de recherche, le paramètre udm sélectionne un onglet de résultats. La valeur quatorze correspond à l'onglet Web, celui qui ne renvoie que des liens indexés, sans encart généré, sans bloc de vidéos, sans carrousel d'images ni module de questions associées. Le paramètre ne désactive rien : il demande simplement à Google la vue la plus dépouillée qu'il sait produire. C'est précisément ce qui en fait une méthode fiable, puisqu'elle s'appuie sur un affichage que le moteur propose déjà plutôt que sur un blocage.

Pourquoi cet onglet existe

L'onglet Web est apparu en 2024, à un moment où la page de résultats accumulait les modules au point que certains utilisateurs ne trouvaient plus la liste de liens qu'ils cherchaient. Google l'a présenté comme une réponse à ceux qui préfèrent une présentation classique. Il est resté discret, souvent relégué sous un menu, et sa correspondance avec une valeur de paramètre a été repérée rapidement par les praticiens. Ce n'est donc pas une porte dérobée mais une fonctionnalité publique dont l'adresse a été isolée.

Ce que le filtre Web n'affiche plus

La bascule ne retire pas seulement le résumé généré. Elle supprime également les images, les vidéos, les actualités, le bloc de questions fréquemment posées, les fiches d'établissement et les extraits enrichis. Sur certaines requêtes, cette page dépouillée est exactement ce que l'on veut. Sur d'autres, notamment les recherches locales ou visuelles, elle retire des éléments réellement utiles. Le contournement n'est donc pas neutre et il ne mérite pas d'être activé par défaut sans y avoir réfléchi, contrairement à ce que suggèrent la plupart des tutoriels.

La fragilité d'un paramètre non documenté

La correspondance entre une valeur numérique et un onglet n'est décrite dans aucune documentation publique. Elle peut changer sans préavis, comme n'importe quel détail d'implémentation, et le jour où elle changera, les moteurs personnalisés configurés partout cesseront silencieusement de filtrer. Le contrôle consiste à vérifier de temps en temps que la page obtenue ne comporte toujours aucun module. La transformation générale de la page de résultats est par ailleurs traitée dans notre article sur l'impact de l'IA générative sur le positionnement.

Comparaison entre une page de résultats avec aperçu et la même page réduite aux liens

La marche à suivre selon le navigateur

Le principe est toujours le même : enregistrer une recherche personnalisée qui ajoute le paramètre, puis la définir comme moteur par défaut. Seul le chemin dans les réglages change.

Chrome et les navigateurs qui partagent son moteur

La manipulation vaut pour Chrome, Edge, Brave et Vivaldi, qui reposent sur la même base. Il faut ouvrir les paramètres, entrer dans la gestion des moteurs de recherche, puis ajouter une entrée dans la section consacrée à la recherche sur les sites. On lui donne un nom explicite, un raccourci court, et comme adresse la base Google suivie du chemin de recherche portant le paramètre et le marqueur de requête. Une fois enregistrée, l'entrée se définit comme moteur par défaut depuis son menu contextuel. L'adresse à coller est {google:baseURL}/search?udm=14&q=%s, où le marqueur final est remplacé par la requête tapée.

Firefox

Le principe est identique, avec un accès plus direct. La section Recherche des paramètres propose d'ajouter un moteur, en renseignant un nom, l'adresse complète de recherche incluant le paramètre, et éventuellement un mot-clé permettant de basculer ponctuellement depuis la barre d'adresse. Le moteur ainsi créé se définit ensuite par défaut. Cette possibilité d'associer un mot-clé est intéressante : elle permet de conserver Google normal par défaut et de n'appeler la version dépouillée que lorsqu'on en a besoin. L'adresse à renseigner est https://www.google.com/search?udm=14&q=%s.

Safari sur Mac et sur iPhone

Safari n'autorise pas l'ajout d'un moteur de recherche personnalisé, ce qui ferme la voie précédente. Deux solutions restent. La première consiste à installer une extension dédiée, disponible gratuitement sur la boutique d'applications, qui redirige chaque recherche vers la version filtrée sur ordinateur comme sur mobile. La seconde revient à enregistrer en favori l'adresse de recherche portant le paramètre et à l'utiliser comme point de départ, ce qui ne demande aucune installation mais suppose de passer par ce favori à chaque fois. L'adresse à mettre en favori est https://www.google.com/?udm=14.

Les applications mobiles de Google

C'est la limite la plus gênante en pratique. L'application Google et les recherches lancées depuis la barre du système ne passent pas par le moteur par défaut du navigateur et affichent donc les résumés générés quoi qu'il arrive. Sur mobile, le contournement suppose de passer systématiquement par un navigateur correctement configuré, habitude difficile à tenir. Une part importante des recherches échappe ainsi au filtrage, ce que les tutoriels omettent presque toujours de préciser. Sur un téléphone, la proportion de recherches lancées hors du navigateur est loin d'être marginale, ce qui réduit sensiblement la portée réelle du réglage.

Les solutions sans réglage

Pour un usage occasionnel, deux contournements ne demandent aucune configuration. Le premier consiste à lancer une recherche normalement, puis à cliquer sur l'onglet Web, parfois caché derrière un menu Plus. L'opération est à répéter à chaque requête. Le second consiste à passer par un site relais qui applique le paramètre à votre place et redirige vers Google. Cette seconde option a l'inconvénient d'ajouter un intermédiaire entre vous et le moteur, ce qui mérite d'être pesé lorsque les recherches portent sur des sujets sensibles.

Ce que ces méthodes ne couvrent pas

Aucune ne supprime le Mode IA, qui est une interface distincte que l'on ouvre volontairement. Aucune ne modifie ce que voient les autres internautes, et c'est le point essentiel pour un professionnel : masquer un affichage sur son propre poste ne change rien à la réalité du trafic de ses clients. Aucune, enfin, ne s'applique aux autres moteurs, dont certains proposent nativement une désactivation de leurs propres réponses générées, parfois dans une offre payante. Changer de moteur reste d'ailleurs la seule solution qui traite le sujet à la racine, au prix d'un index différent et de résultats auxquels il faut se réhabituer.

Contexte Méthode Effort initial Limite principale
Chrome, Edge, Brave, Vivaldi Moteur personnalisé par défaut Deux minutes Ne couvre pas les applications
Firefox Moteur ajouté, avec mot-clé possible Deux minutes Ne couvre pas les applications
Safari sur Mac Extension ou favori dédié Cinq minutes Dépend d'un tiers ou d'une habitude
Safari sur iPhone Extension de navigateur Cinq minutes Barre de recherche du système exclue
Usage ponctuel Onglet Web après la recherche Aucun À refaire à chaque requête
Sans configuration Site relais appliquant le paramètre Aucun Intermédiaire supplémentaire

Pourquoi un professionnel a besoin des deux vues

Pour un référenceur, l'intérêt n'est pas de fuir les résumés générés mais de pouvoir observer la même requête dans les deux affichages, ce que le paramètre rend trivial.

Comparer la même requête dans les deux vues

Ouvrir une requête en affichage normal puis avec le paramètre, côte à côte, montre immédiatement ce que le résumé occupe, à quelle hauteur commence le premier lien classique, et quels modules s'intercalent. Cette comparaison prend dix secondes et elle remplace avantageusement les discussions théoriques sur la place laissée aux liens. Elle constitue le point de départ de toute analyse sérieuse sur une famille de requêtes, et elle se documente par une capture datée.

Repérer ce que l'aperçu cite

Les résumés générés comportent des liens vers les sources retenues. Relever ces sources sur les requêtes stratégiques d'un client indique quels sites servent de matière première, information autrement plus utile que la position dans la liste classique. Un site cité dans le résumé occupe une place que la mesure de position traditionnelle ne décrit pas. Ce relevé se fait à la main, requête par requête, et il constitue aujourd'hui l'une des rares données exploitables sur ces surfaces. Il faut le répéter à quelques jours d'intervalle, les sources citées variant d'une session à l'autre pour une requête identique.

Mesurer la position réelle des liens

La notion de première position perd son sens lorsqu'un bloc occupe la hauteur d'un écran au-dessus d'elle. La mesure pertinente devient la hauteur en pixels à laquelle apparaît le premier résultat classique, sur mobile comme sur ordinateur. Cette mesure se prend avec les outils de développement du navigateur et elle explique bien mieux une baisse de clics à position constante que n'importe quel rapport de suivi. La composition de la page de résultats est détaillée dans notre article sur ce qu'est une SERP.

Constituer un relevé daté

Les affichages évoluent vite et sans annonce. Conserver, pour une vingtaine de requêtes représentatives, une capture mensuelle des deux vues produit en six mois une série qui vaut tous les commentaires. Ce relevé permet de dater précisément le moment où un type de requête a basculé, et de le rapprocher d'une variation de trafic. Sans lui, la discussion sur les causes d'une baisse reste une confrontation d'impressions, exercice que personne ne gagne.

Distinguer la perte de clics de la perte de position

C'est la distinction la plus importante de la période. Un site peut conserver exactement ses positions et perdre une part substantielle de son trafic, simplement parce que la page de résultats répond à la question avant que l'internaute ne descende. Les mesures publiées lors du déploiement britannique donnent l'ordre de grandeur, et il est considérable. Confondre les deux phénomènes conduit à commander un travail de positionnement là où le sujet est ailleurs.

Le rapport de la Search Console

Google a ajouté à son outil un rapport de performances consacré aux surfaces génératives, qui distingue les impressions et les clics obtenus dans ces contextes. C'est la seule source chiffrée et propre à chaque site sur le sujet, et elle rend caduques la plupart des estimations externes. Sa consultation régulière doit entrer dans le suivi mensuel au même titre que le rapport classique, avec la même précaution que d'habitude sur les délais de consolidation des données.

Baisse du taux de clic mesurée lors de l'arrivée des Aperçus IA au Royaume-Uni
Requêtes de presse, ordinateur
moins 47,5 %
Requêtes de presse, mobile
moins 37,7 %
Un grand quotidien, ordinateur
moins 89 %
Un grand quotidien, mobile
moins 87 %
Recherches sans clic chez cet éditeur
68,8 % des recherches

Relevés publiés en 2025 par le cabinet Authoritas et par un éditeur britannique devant l'autorité de la concurrence, repris par la presse spécialisée.

Côté éditeur, ce que l'on contrôle vraiment

Masquer les résumés sur son écran est une affaire de confort. Décider si son site les alimente est une décision d'entreprise, et les leviers existent réellement.

Les contrôles d'aperçu

Google documente un jeu de directives qui limitent ce qu'il peut afficher d'une page : une directive interdisant tout extrait, une autre limitant sa longueur, un attribut permettant d'exclure une portion précise du contenu, et enfin l'exclusion pure et simple de l'index. Ces contrôles s'appliquent aux surfaces génératives comme au reste. Ils ont un effet immédiat et brutal, puisqu'ils dégradent aussi la présentation classique du site dans les résultats.

Le réglage de la Search Console

Un réglage dédié permet désormais de choisir si une propriété apparaît dans les fonctionnalités génératives de la recherche, avec trois positions possibles : inclusion par défaut, exclusion, ou héritage du réglage du domaine parent. Il couvre les Aperçus IA, le Mode IA et les surfaces apparentées, mais ne concerne ni l'entraînement des modèles ni les autres produits de l'entreprise. C'est le seul levier qui sépare l'affichage génératif du reste de la présence dans les résultats.

Ce que le retrait coûte

Se retirer supprime les impressions et les clics venus de ces surfaces, sans transférer ce trafic vers les liens classiques. La décision revient donc à échanger une visibilité mal mesurée contre une absence certaine. Elle peut se défendre pour un éditeur dont le modèle repose sur la vente d'accès au contenu, beaucoup moins pour une entreprise qui cherche à être trouvée. Dans le doute, la prudence consiste à ne rien changer et à mesurer pendant un trimestre. Le réglage étant réversible, une exclusion peut se tester, à condition d'avoir relevé les valeurs de départ et d'accepter un délai avant que l'effet ne soit lisible.

Affichage et entraînement sont deux sujets

Refuser que son contenu serve à entraîner des modèles relève d'un autre mécanisme, un agent déclaré dans le fichier réservé aux robots, et cette décision est indépendante de la précédente. Les confondre conduit à des configurations incohérentes, où un site se prive d'affichage tout en laissant son contenu accessible à l'entraînement, ou l'inverse. Écrire noir sur blanc lequel des deux on refuse, et pourquoi, évite ce genre de contradiction découverte deux ans plus tard.

Poser l'arbitrage par écrit

La décision mérite une note d'une page indiquant le choix retenu, sa date, la personne qui l'a prise et les données sur lesquelles elle s'appuie. Sans cette trace, le réglage sera modifié un jour par quelqu'un qui ignore pourquoi il était ainsi, généralement après une réunion où une baisse de trafic aura été évoquée. Les principes de rédaction adaptés à ces nouvelles surfaces sont développés dans notre article sur ce que le guide officiel de Google dit du référencement à l'ère de l'IA.

S'en tenir à la documentation officielle

Les contournements côté internaute changent au gré des versions, et les commentaires qui circulent vieillissent en quelques semaines. Les contrôles côté éditeur, eux, sont documentés et stables. Avant toute décision engageant la visibilité d'un site, la référence à consulter est la documentation de Google sur les fonctionnalités IA de la recherche, qui décrit précisément chaque directive et son périmètre exact.