Lorsqu’un site web doit gagner en visibilité sur Google, la tentation est grande de démarrer vite : publier des contenus, corriger quelques pages, lancer une campagne de liens… Pourtant, sans cadre clair, les actions SEO partent souvent dans tous les sens, les priorités s’empilent, et les résultats deviennent difficiles à attribuer. C’est précisément le rôle du cahier des charges : poser une base structurée pour éviter les malentendus, sécuriser le périmètre de la mission et faciliter la collaboration avec un prestataire SEO. Rédiger un cahier des charges SEO consiste à formaliser votre contexte, vos objectifs, vos contraintes et les livrables attendus. Que vous soyez une TPE, une PME ou une entreprise plus organisée, ce document sert de point d’appui pour construire une stratégie de référencement naturel cohérente, réaliste et alignée avec vos ressources. Concrètement, quelles informations faut-il y intégrer et dans quel ordre s’y prendre ?
Les informations essentielles à intégrer dans un cahier des charges SEO
Le premier objectif d’un cahier des charges SEO est de transmettre au prestataire SEO une vision précise, structurée et complète de votre projet. Il ne s’agit pas simplement de décrire votre site ou vos ambitions, mais de poser les fondations d’une future collaboration. Un cahier des charges bien conçu permet au professionnel de mieux comprendre vos enjeux, de personnaliser son accompagnement, de proposer une stratégie réaliste, et de vous faire gagner un temps précieux dès les premiers échanges. Voici les éléments incontournables à faire figurer dans votre document :
- Présentation de votre entreprise : Indiquez votre secteur d’activité, votre positionnement sur le marché, vos valeurs, ainsi que vos produits ou services phares. Si vous avez déjà entamé une démarche digitale, précisez-la : historique de votre présence en ligne, principales actions de communication, résultats passés, etc. Cette introduction donne de la profondeur à votre projet et aide le prestataire à se projeter dans votre univers ;
- Présentation du site web : Détaillez l’URL du site concerné, la technologie utilisée (WordPress, Shopify, Prestashop, CMS propriétaire…), l’ancienneté du domaine, le nombre de pages indexées, le trafic mensuel actuel, la répartition mobile/desktop, les langues proposées, et les zones géographiques ciblées. Si vous avez plusieurs sites ou sous-domaines, précisez leur rôle respectif. Toutes ces informations permettent au prestataire de jauger le périmètre d’intervention ;
- Contexte du projet : Expliquez ce qui motive la recherche d’un accompagnement SEO à ce moment précis. Est-ce une refonte de site prévue ? Une baisse soudaine de trafic ? Une absence persistante de visibilité ? Une volonté de générer plus de conversions ? Ce contexte oriente les urgences et les priorités de la mission. N’hésitez pas à mentionner les efforts déjà entrepris en interne ou avec d’autres prestataires, et leur impact ;
- Objectifs attendus : Formalisez clairement ce que vous attendez du référencement naturel. Voulez-vous améliorer votre positionnement sur des mots clés précis ? Générer plus de trafic qualifié ? Augmenter les leads entrants ? Renforcer votre visibilité locale ? Ces objectifs doivent être SMART : Spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporellement définis. Un prestataire sérieux s’appuiera sur ces données pour construire une stratégie sur mesure. ;
- Cibles marketing : Décrivez votre audience idéale : B2B ou B2C, profil type (âge, métier, secteur, localisation…), comportements d’achat, habitudes de navigation, canaux privilégiés. Mentionnez les typologies de clients que vous souhaitez toucher à travers le SEO. Cela permet de mieux orienter le travail éditorial, le choix des mots clés et les optimisations sémantiques. Si vous avez déjà défini des personas, joignez-les ;
- Contraintes techniques ou éditoriales : Signalez tout ce qui peut impacter le périmètre ou le déroulement de la mission : restrictions d’accès au site, absence de développeur disponible, CMS verrouillé, politique de validation des contenus, outils imposés (CRM, solutions analytics, hébergeur spécifique), contraintes légales ou sectorielles (données de santé, mentions légales renforcées, RGPD…). Indiquez également si vous avez une charte graphique ou éditoriale à respecter ;
- Prestations souhaitées : Listez les actions que vous attendez du prestataire. Cela peut inclure un audit SEO complet, des optimisations techniques, la création de contenus optimisés, la refonte de certaines pages stratégiques, la mise en place d’une stratégie de netlinking, la formation de vos équipes, ou encore un accompagnement mensuel global. Plus vous êtes précis, plus l’offre proposée sera en adéquation avec vos besoins ;
- Budget et échéancier : Même si votre budget est estimatif, indiquez une fourchette ou un plafond. Cela évitera de recevoir des propositions hors de portée ou sous-dimensionnées. De la même manière, précisez les délais souhaités : date de démarrage du projet, échéances importantes (refonte, campagnes marketing…), durée prévisionnelle de la mission. Ces éléments aident à cadrer le plan d’action, la répartition des phases et la priorisation des tâches.
Il est recommandé de rédiger ce cahier des charges sous un format accessible et collaboratif : Document PDF, Google Doc partagé, ou tableur structuré par onglets (contexte, objectifs, prestations attendues…). Le format n’a pas besoin d’être figé ou rigide. L’essentiel est qu’il soit lisible, structuré, et ouvert à l’enrichissement lors des premiers échanges avec le prestataire.

Les erreurs à éviter dans la rédaction d’un cahier des charges SEO
Un cahier des charges SEO a pour but d’encadrer un projet, mais pas de verrouiller des décisions stratégiques qui doivent rester évolutives. Il trace un cap, mais ne doit pas transformer le prestataire en simple exécutant. Trop souvent, des erreurs de formulation ou des demandes trop précises peuvent freiner la créativité et l’efficacité du consultant. Voici les pièges les plus fréquents à éviter pour que votre document reste utile, ouvert et adapté à la réalité du référencement naturel.
- Confondre objectifs et moyens : Inscrire dans votre cahier des charges des actions spécifiques à exécuter – par exemple, “obtenir 100 backlinks par mois” ou “publier un article par semaine” – revient à préempter la stratégie, sans avoir encore analysé la situation réelle du site. Ces formulations limitent la marge de manœuvre du prestataire, qui doit pourtant adapter ses actions à votre marché, votre concurrence et vos ressources. Préférez des objectifs d’impact : “accroître la visibilité sur des requêtes B2B locales” ou “renforcer la notoriété de la marque dans le secteur X”. Cela laisse la place à une proposition stratégique personnalisée ;
- Imposer une liste fermée de mots clés : Certains donneurs d’ordre arrivent avec une liste de mots clés “historiques” à conserver à tout prix. Pourtant, ces expressions ne sont pas toujours alignées avec les recherches réelles des internautes, ou ne correspondent pas à des intentions d’achat. Le rôle du prestataire est justement de mener une analyse sémantique pour identifier les requêtes les plus pertinentes, en tenant compte de la concurrence, du volume de recherche, de la saisonnalité ou encore du potentiel de conversion. Une liste initiale peut servir de point de départ, mais elle doit rester ouverte à ajustement ;
- Demander des résultats irréalistes : Vouloir être “en première position sur Google en trois semaines” sur une requête ultra-concurrentielle est un objectif irréaliste, surtout si le site est récent, peu optimisé, ou encore inconnu des moteurs de recherche. De même, viser un trafic multiplié par dix sans investissement éditorial ou netlinking solide relève plus du vœu que de la stratégie. Un bon prestataire SEO vous proposera des scénarios réalistes et progressifs. Laissez-lui la possibilité d’évaluer le contexte avant de fixer des indicateurs de performance trop rigides ;
- Ignorer les dimensions techniques : Le SEO ne repose pas uniquement sur le contenu ou les liens. Des éléments comme la vitesse de chargement, la compatibilité mobile, l’architecture du site, les erreurs d’exploration ou encore la gestion des redirections ont un impact direct sur la visibilité. Même si vous n’avez pas d’équipe technique dédiée, signalez les éventuelles limites de votre CMS, les difficultés d’accès au code source, ou les contraintes d’intervention. Cela permet d’anticiper d’éventuels blocages ou surcoûts techniques dans le plan d’action ;
- Ne pas prévoir de suivi ou d’ajustements : Trop de cahiers des charges se focalisent uniquement sur les actions à court terme (audit, optimisation initiale, création de contenu…), sans prévoir de suivi dans le temps. Or, le SEO est un processus continu : il implique de mesurer les résultats, d’ajuster les priorités, d’affiner les contenus et de réagir aux mises à jour des algorithmes. Intégrez dans votre cahier des charges une logique de reporting régulier, de points d’étape ou de bilans trimestriels. Cela permet d’ancrer la collaboration dans une dynamique d’amélioration continue.
Un bon cahier des charges SEO n’a pas vocation à tout verrouiller. Il sert avant tout à poser les bonnes bases, à formaliser vos besoins réels, à structurer la communication avec le prestataire, et à donner une direction claire au projet. Il est donc parfaitement normal (et même recommandé) de le faire évoluer au fil des échanges, en fonction des retours techniques, des opportunités identifiées ou des contraintes nouvellement détectées.

Comment utiliser le cahier des charges dans la sélection d’un prestataire SEO
Une fois rédigé, votre cahier des charges devient bien plus qu’un simple document descriptif : C’est un outil stratégique d’aide à la décision. Il sert à clarifier votre besoin auprès des prestataires sollicités, à homogénéiser les réponses reçues et à comparer les offres sur des critères tangibles. Grâce à lui, vous évitez les malentendus, les promesses floues ou les propositions hors sujet. Que vous passiez par un appel d’offres formel ou que vous contactiez quelques professionnels triés sur le volet, ce document pose un cadre équitable et structurant. Voici quelques bonnes pratiques pour tirer le meilleur parti de votre cahier des charges dans la phase de sélection :
- Envoyez le document avec une date limite de réponse claire : Précisez dès le départ vos attentes en termes de délai de réponse, de format de restitution (plan d’action, devis détaillé, estimation du ROI potentiel…), et de modalités de contact. Cela permet aux prestataires de s’organiser et de fournir une réponse construite, plutôt qu’un retour précipité ou partiel ;
- Observez la capacité du prestataire à comprendre votre contexte : Une réponse pertinente ne se contente pas de reprendre mot à mot votre cahier des charges. Elle doit montrer une véritable appropriation de vos enjeux, une capacité à reformuler les priorités, à identifier les points sensibles, voire à proposer des pistes complémentaires auxquelles vous n’aviez pas pensé. Les meilleures propositions se démarquent souvent par leur lecture intelligente du besoin exprimé ;
- Comparez les méthodologies proposées : Au-delà des livrables, évaluez les étapes proposées pour atteindre vos objectifs. Certains prestataires démarrent par un audit exhaustif avant toute action ; d’autres construisent une feuille de route progressive dès la prise de brief. Comparez leur logique d’intervention : priorité donnée à la technique, à l’éditorial, au netlinking, à l’accompagnement interne ? Leurs choix doivent être argumentés et adaptés à votre situation réelle ;
- Évaluez la pédagogie et la transparence : Choisir un bon prestataire SEO, c’est trouver un professionnel qui ne vend pas une solution magique. Il explique les leviers activés, les limites éventuelles de vos outils ou de votre site, et les conditions nécessaires pour atteindre les résultats attendus. Un bon indicateur est la clarté du vocabulaire utilisé : un professionnel compétent est capable de vulgariser sans simplifier à l’extrême. Il prend aussi le temps d’exposer les risques, les zones d’incertitude, et les ajustements possibles en cours de route ;
- Analysez la cohérence entre le budget proposé et les actions prévues : Une proposition très peu chère peut être tentante, mais elle cache souvent une prestation limitée en temps ou en profondeur, voire une approche automatisée peu personnalisée. À l’inverse, un devis plus élevé doit être justifié par des livrables concrets, un accompagnement structuré, des outils professionnels et un engagement de moyens clairs. Comparez la ventilation du budget : temps passé, types d’intervention, fréquence des livrables… C’est cette lecture fine qui vous permettra de juger du rapport qualité/prix.
Vous pouvez également planifier un entretien (visioconférence, appel téléphonique ou rendez-vous) avec les prestataires présélectionnés. Cela permet de valider le sérieux de la relation, d’évaluer la qualité de l’écoute, la réactivité et la capacité à s’adapter à votre environnement métier. Le relationnel compte autant que l’expertise, surtout dans une collaboration SEO qui s’inscrit souvent dans la durée. Enfin, pensez à formaliser vos critères de choix en amont. Ceux-ci peuvent inclure la compréhension du cahier des charges, la pertinence de la stratégie proposée, le coût, la durée estimée pour atteindre les résultats, la réputation du prestataire (références, avis, études de cas), ou encore la qualité du contact humain. Attribuez-leur un poids relatif si nécessaire, afin de faciliter la comparaison objective des réponses reçues.
Utilisé de manière rigoureuse, le cahier des charges vous permet donc de passer d’une logique subjective ou intuitive à un processus de sélection clair, transparent et équitable. Il vous donne les moyens d’identifier le prestataire le plus adapté non seulement à votre budget, mais surtout à vos enjeux, à votre secteur et à votre capacité à travailler ensemble sur le long terme.

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