Définition du mot « plussoyer » : Comment utiliser ce néologisme numérique

Par Xavier Deloffre

Mot étrange pour les uns, évidence numérique pour les autres, le verbe plussoyer est devenu un véritable marqueur de culture web. Utilisé pour exprimer son accord dans les discussions en ligne, ce terme né sur les forums et les réseaux sociaux a su se tailler une place dans le vocabulaire de nombreux internautes. D’où vient-il, comment l’utiliser, et surtout, pourquoi continue-t-il d’être employé à l’heure des likes et des emojis ? Décryptage d’un mot pas si anodin.

L’origine et le sens étymologique du mot plussoyer

Le verbe plussoyer est un néologisme issu de la culture numérique, apparu dans les années 2000 avec la généralisation des forums de discussion, des groupes de messagerie en ligne et, plus tard, des réseaux sociaux. Il s’agit d’un mot inventé par les internautes eux-mêmes pour répondre à un besoin très spécifique de communication rapide et synthétique dans les échanges en ligne : signifier qu’on est d’accord avec une opinion, un message ou une idée, sans avoir à reformuler tout ce qui a déjà été dit. Ce terme vient directement de l’usage du signe +1, utilisé dès les premières plateformes de discussions, notamment sur Usenet à partir des années 1980. Sur ces groupes de discussion textuelle qui préfiguraient les forums modernes, les participants pouvaient réagir à un message en tapant simplement « +1 » pour marquer leur accord. Cette habitude a ensuite été reprise massivement sur des plateformes comme Reddit, Slashdot ou encore les forums spécialisés comme Stack Overflow dans les années 2000. Ce code visuel, à la fois minimaliste et expressif, est vite devenu une convention implicite d’approbation numérique.

L’évolution du langage numérique a alors transformé ce symbole en un verbe : Plussoyer. Il s’agit d’une création linguistique informelle, formée à partir de « plus » (le signe « + ») et du suffixe verbal « -oyer », calqué sur des verbes français existants comme chancroyer ou flambooyer, pour lui donner une tournure verbale cohérente avec les règles de conjugaison française. L’apparition du mot, bien qu’aucun dictionnaire académique n’en retrace précisément la date, s’inscrit dans une période où les internautes se réappropriaient le langage pour en faire un outil d’expression propre à leurs environnements numériques. Plussoyer, c’est donc à la fois exprimer son adhésion et participer activement à une culture communautaire. C’est un marqueur d’engagement, un signal que l’on envoie à ses pairs pour valider, soutenir ou approuver un propos sans nécessairement développer davantage. En cela, il se distingue du simple « like » ou « j’aime », plus passif, car plussoyer implique une action consciente, souvent formulée dans un échange écrit.

Par exemple, sur un forum de jeu vidéo en 2008, un utilisateur pouvait écrire : « Ce nouveau mode multijoueur est bien mieux équilibré que le précédent », et un autre réagir avec : « Je plussoie totalement, surtout sur le point concernant la répartition des équipes. » Cette formulation traduit à la fois un accord et une implication dans la conversation, soulignant l’aspect communautaire et collaboratif des discussions en ligne. Au fil du temps, le verbe s’est ancré dans le langage des internautes francophones, en particulier ceux familiers des espaces de discussion textuels comme les forums, les chats IRC, les groupes sur Facebook ou encore les commentaires sur les blogs. Si son usage reste principalement cantonné au monde numérique, il témoigne néanmoins d’une évolution linguistique marquée par la créativité et l’adaptabilité de la langue française face aux nouveaux modes de communication.

origine et sens etymologique du verbe plussoyer

L’utilisation de plussoyer dans les échanges numériques

Le verbe plussoyer s’emploie principalement dans des contextes informels, où l’interaction écrite est rapide, spontanée et souvent teintée d’humour ou de complicité. On le retrouve fréquemment dans les commentaires de blogs, les discussions sur les forums (comme jeuxvideo.com, hardware.fr ou Doctissimo), les groupes Facebook, ou encore sous les publications sur Twitter/X et Mastodon. Son usage est devenu un marqueur de culture numérique, compris et employé par ceux qui ont l’habitude de ces espaces d’expression communautaire. Contrairement à un simple « like » ou « j’aime » qui reste souvent silencieux, plussoyer s’écrit, s’assume et s’insère dans un échange écrit. Il s’agit donc d’une réponse à part entière, même si elle est brève. En plus de signifier l’accord, elle joue aussi un rôle dans la dynamique des échanges : elle relance la discussion, elle appuie un point de vue, elle encourage l’auteur à développer davantage ou tout simplement, elle montre que l’on prête attention à ce qui se dit. C’est une manière de participer sans forcément argumenter. Voici une mise en situation typique :

  • Marc : « Je pense qu’on devrait accorder plus de place aux logiciels libres dans les administrations publiques. »
  • Julie : « Je plussoie, c’est une question de souveraineté numérique. »

Dans cet exemple, Julie n’apporte pas un nouvel argument, mais elle renforce le propos de Marc par son approbation. Cette manière d’interagir, propre aux codes des discussions en ligne, valorise l’opinion exprimée et crée un effet de groupe ou de validation sociale. Plussoyer possède aussi une valeur communautaire forte. Utiliser ce mot, c’est afficher son appartenance à une certaine culture Internet, une culture qui repose sur des références partagées, des habitudes d’expression collectives et une forme d’humour implicite. En ce sens, plussoyer dépasse la simple expression d’un accord : il tisse un lien entre les interlocuteurs, nourrit le sentiment d’être « entre initiés », d’appartenir à un groupe ou une génération d’internautes.

Dans certains espaces numériques, plussoyer peut même devenir un geste politique ou militant. Sur les forums ou dans les discussions en ligne traitant de sujets sociétaux ou environnementaux, il arrive que plusieurs internautes plussoient une prise de position marquée pour signifier leur soutien collectif. Cela peut avoir un effet d’amplification, similaire à celui d’un upvote sur Reddit ou d’un retweet engagé. Par sa forme verbale, plussoyer reste toutefois plus rare que les icônes de réactions comme les pouces levés, les cœurs ou les emojis, omniprésents sur les plateformes sociales d’aujourd’hui. Ces dernières ont simplifié et standardisé les interactions, mais parfois au prix d’une perte de nuance ou de personnalité. Dire « je plussoie » dans une conversation écrite, c’est aussi choisir un registre de langage plus expressif, parfois teinté d’ironie, souvent bienveillant, mais toujours impliqué.

En ce sens, on peut considérer que plussoyer est le cousin linguistique du like, du clap sur Medium, de l’upvote sur Reddit ou encore des réactions Slack. Tous ces gestes numériques ont pour but de valider un contenu, mais plussoyer conserve une dimension plus artisanale, presque littéraire, ancrée dans l’échange écrit. C’est un mot que l’on tape volontairement, souvent avec une intention de connivence, et qui donne à la conversation une tonalité plus humaine que les simples icônes préfabriquées.

utilisation de plussoyer dans les échanges numériques

La conjugaison et les nuances autour du verbe plussoyer

Grammaticalement, plussoyer se comporte comme un verbe du premier groupe (en -er), ce qui le rend assez simple à manier… en théorie. En pratique, il garde une petite singularité graphique qui rappelle sa naissance numérique : la base plussoi- alterne avec plussoy- selon les personnes, un peu comme on le voit avec certains verbes où la prononciation et l’orthographe évoluent pour rester fluides à l’écrit. Dans la langue des internautes, la forme la plus fréquente reste le présent de l’indicatif, car plussoyer sert souvent à réagir « sur le moment » à une idée qu’on vient de lire. Voici la conjugaison de référence au présent :

Je plussoie
Tu plussoies
Il / Elle / On plussoie
Nous plussoyons
Vous plussoyez
Ils / Elles plussoient

Mais limiter plussoyer au présent serait passer à côté de tout ce que ce verbe raconte sur la vie des discussions en ligne. Sur Internet, on ne fait pas que réagir : on revient sur un fil, on cite un message ancien, on appuie un avis, on nuance, on ironise, on s’engage… et, logiquement, on conjugue. Pour coller au mieux aux usages, voici un panorama détaillé des temps les plus utiles, avec des exemples adaptés aux situations numériques.

Présent de l’indicatif : L’accord immédiat

C’est le temps du réflexe : vous lisez, vous approuvez, vous tapez. Il sert à soutenir un propos en temps réel.

  • « Je plussoie : la mise à jour a vraiment amélioré les performances. »
  • « On plussoie à 200 %, cette idée mérite d’être épinglée. »

Passé composé : L’accord déjà exprimé

Le passé composé est très pratique quand on fait référence à une action récente : vous avez déjà validé un commentaire, déjà soutenu une proposition, déjà appuyé quelqu’un dans une discussion.

  • « J’ai plussoyé ton message hier, et je le fais encore aujourd’hui. »
  • « On a plussoyé cette proposition sur le forum, et elle a été adoptée. »

Imparfait : L’habitude et la nostalgie des anciens forums

L’imparfait colle parfaitement à l’idée de routine communautaire : il décrit une habitude, une ambiance, une époque. Il est particulièrement parlant quand on évoque les années où les forums dominaient, avant l’explosion des réactions instantanées.

  • « À l’époque, je plussoyais souvent ce type de messages, c’était la norme du forum. »
  • « Sur ce groupe, on plussoyait dès qu’un sujet revenait régulièrement. »

Futur simple : L’engagement ou la promesse de soutien

Dans les échanges numériques, le futur sert à annoncer une intention : vous n’avez pas encore approuvé, mais vous le ferez. Utile dans les discussions organisées (votes, sondages, propositions à soutenir).

  • « Je plussoierai ta suggestion si tu ajoutes une source. »
  • « Nous plussoierons la version finale une fois relue par tout le monde. »

Conditionnel : La nuance, la politesse ou la réserve

Le conditionnel est le temps des discussions civilisées et des désaccords doux : on est globalement d’accord, mais on laisse une porte ouverte, on adoucit, on pose une condition.

  • « Je plussoierais bien, mais il manque un exemple concret. »
  • « Je plussoierais ton point de vue si on parle du cas général, pas des exceptions. »

Subjonctif : La logique des fils et des algorithmes

Le subjonctif apparaît quand on exprime un souhait, une nécessité ou une incitation. Dans l’univers des plateformes, il est souvent associé à l’idée de visibilité : soutenir un message pour qu’il remonte, qu’il gagne en crédibilité ou qu’il soit mieux perçu.

  • « Il faut que tu plussoies ce commentaire pour qu’il soit mieux référencé dans le fil. »
  • « Je veux que vous plussoyiez cette proposition avant la clôture du vote. »

Impératif : L’appel à l’action (souvent humoristique)

Très courant dans un registre complice, l’impératif sert à solliciter un soutien. Il peut être ironique, enthousiaste ou militant.

  • « Plussoie si tu penses pareil ! »
  • « Plussoyons cette réponse, elle résume tout. »
  • « Plussoyez, et passons à la suite. »

Participe présent et gérondif : l’accord comme geste social

Le participe présent et le gérondif (« en plussoyant ») mettent l’accent sur l’effet de l’action : plussoyer devient un comportement qui soutient, valorise, encourage, crédibilise.

  • Participe présent : « Plussoyant régulièrement les contributions utiles, la communauté s’autorégule. »
  • Gérondif : « En plussoyant ce type de messages, tu renforces la qualité des échanges. »

Infinitif : La notion elle-même (et sa dimension “métalangage”)

L’infinitif est très utilisé quand on parle du mot en tant que mot, ou quand on discute des règles d’un espace communautaire. Sur certains forums, on voit même des rappels du type « évitez de poster seulement +1 » : l’infinitif permet alors de définir la pratique.

  • « Plussoyer, ce n’est pas seulement dire oui : c’est soutenir une idée dans la conversation. »
  • « Ici, mieux vaut argumenter plutôt que de simplement plussoyer. »

Formes composées et temps “littéraires” : Plus rares, mais possibles

Dans l’usage courant, on croise peu le passé simple ou le plus-que-parfait, car ils sonnent plus narratifs. Pourtant, dans un billet de blog, un récit d’expérience ou une chronique sur l’évolution d’Internet, ils peuvent apparaître pour donner un effet de style.

  • Plus-que-parfait : « J’avais plussoyé cette idée avant même qu’elle ne devienne populaire. »
  • Passé simple (registre narratif) : « Je plussoyais rarement, mais ce jour-là, je plussoyais sans hésiter. »

Nuances de sens : Plussoyer, ce n’est pas seulement “être d’accord”

Dans les échanges numériques, plussoyer se situe à mi-chemin entre l’accord pur et le soutien public. Il peut recouvrir plusieurs intentions, selon le contexte :

  • Valider une idée : « Je plussoie : l’analyse est juste. »
  • Renforcer un argument : « Je plussoie, et j’ajoute que… »
  • Créer de la visibilité : « Je plussoie pour que ça remonte dans le fil. »
  • Marquer la connivence : « Je plussoie fort ! » (registre complice)
  • Ironiser : « Je plussoie… ou pas. » (accord feint, souvent pour taquiner)

Il existe même des variantes d’usage qui montrent la plasticité du terme : « je plussoie à 100 % », « je plussoie des deux mains », « je plussoie puissance mille ». Ces formulations relèvent davantage de l’expressivité que de la grammaire stricte, mais elles font partie de la vie du mot. Enfin, un point intéressant : plussoyer reste majoritairement cantonné à l’écrit. À l’oral, il peut provoquer un sourire, parce qu’il sonne comme un clin d’œil à la culture web. Cela n’empêche pas certains de l’utiliser en réunion ou entre collègues familiers du numérique, souvent sur un ton léger : « Je plussoie » peut alors remplacer un « je valide » ou « je suis pour », tout en signalant une complicité générationnelle.

Alors, à votre tour, n’hésitez pas à plussoyer les idées que vous soutenez dans vos espaces numériques favoris !

Xavier Deloffre

Xavier Deloffre

Fondateur de Facem Web, agence implantée à Arras et à Lille (Hauts-de-France), je suis spécialiste du Web Marketing, formateur expérimenté, et blogueur reconnu dans le domaine du Growth Hacking. Passionné par le référencement naturel (SEO) que j'ai découvert en 2009, j'imagine et développe des outils web innovants afin d'optimiser la visibilité de mes clients dans les SERPs. Mon objectif principal : renforcer leur notoriété en ligne par des stratégies digitales efficaces et créatives.

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