Qu’est-ce que le doomscrolling ? Définition sur les réseaux sociaux

Par Xavier Deloffre

Il est minuit passé. Vous étiez juste venu jeter un œil rapide à votre fil d’actualité, mais vous êtes toujours là, à faire défiler des contenus de plus en plus sombres, catastrophiques, anxiogènes. Vous venez de plonger, sans le savoir, dans une spirale numérique que l’on appelle le doomscrolling. Ce phénomène, de plus en plus fréquent, touche une grande partie des utilisateurs de réseaux sociaux. Mais que signifie ce terme, d’où vient-il, et surtout, pourquoi est-il si courant aujourd’hui ?

L’origine et la définition du doomscrolling en social media

Le mot doomscrolling (ou parfois doomsurfing) est un néologisme d’origine anglo-saxonne, apparu au cours des années 2010, et plus précisément popularisé à partir de 2020. Il résulte de la combinaison de deux termes :

  • doom : Qui évoque le « destin funeste », un jeu vidéo très addictif, la catastrophe imminente ou encore un climat de malheur généralisé ;
  • scrolling : Qui fait référence à l’action de faire défiler un contenu sur un écran, généralement à l’aide de son doigt ou d’une molette de souris

Le doomscrolling désigne donc le comportement de faire défiler de manière prolongée, répétée et souvent incontrôlée, une suite de contenus négatifs ou alarmants. Il s’agit d’une forme de consommation d’informations qui devient presque automatique et addictive, centrée exclusivement sur les mauvaises nouvelles. Contrairement à une simple navigation en ligne, le doomscrolling s’installe dans une dynamique émotionnelle, où chaque contenu anxiogène incite à en consulter un autre, dans une boucle difficile à interrompre. Ce phénomène trouve un terreau fertile sur les réseaux sociaux, où l’information circule à une vitesse fulgurante, et où les algorithmes ont tendance à mettre en avant les publications générant de fortes réactions émotionnelles. Or, les émotions négatives (peur, colère, indignation) sont parmi les plus engageantes. Le doomscrolling prospère donc dans cet environnement numérique façonné pour capter et retenir l’attention, au détriment parfois de notre équilibre mental. Il survient généralement dans des moments de vulnérabilité personnelle ou collective : Périodes d’incertitude, contextes anxiogènes, crises politiques ou sanitaires. Le plus souvent, ce comportement se manifeste en soirée ou pendant la nuit, lorsqu’une simple vérification des notifications se transforme en session prolongée de consommation d’actualités anxiogènes. Ce glissement se fait sans en avoir conscience : on pense s’informer, mais on s’enfonce peu à peu dans un état de tension ou de découragement silencieux.

Le terme doomscrolling a émergé de manière massive durant la pandémie de COVID-19, au moment où les confinements successifs ont augmenté notre temps d’écran et accentué le besoin de rester informés face à une situation mondiale incertaine. Les fils d’actualité se sont alors remplis de bilans journaliers de décès, d’hôpitaux saturés, de crises économiques et de polémiques politiques. Ce climat a favorisé une consommation d’information continue, souvent teintée d’anxiété, où l’utilisateur se perd dans une mer d’actualités préoccupantes, sans parvenir à s’en détacher. Depuis, le mot a intégré le lexique courant des usages numériques, et reste étroitement associé aux pratiques sociales sur les plateformes comme Twitter (désormais X), Facebook, TikTok, Reddit, LinkedIn ou encore Instagram. Le doomscrolling traduit une modification profonde de notre rapport à l’information, à l’émotion et au temps passé en ligne. Il souligne aussi les limites de nos capacités attentionnelles face à l’abondance d’informations alarmantes, dans un monde où le digital est devenu notre première interface avec l’actualité et les événements mondiaux.

origines doomscrolling

Les causes du doomscrolling et pourquoi il nous attire sur les réseaux sociaux

Le doomscrolling n’est pas un comportement anodin ou passager. Il ne s’agit pas simplement de passer « trop de temps » sur son téléphone : c’est une spirale alimentée par des mécanismes cognitifs, émotionnels et technologiques bien plus profonds. Cette tendance résulte d’une convergence entre le fonctionnement même des plateformes numériques, les réflexes de notre cerveau façonné par l’évolution, et les logiques économiques qui gouvernent l’univers du digital. Comprendre ces causes permet de mieux identifier pourquoi nous sommes si facilement happés par cette dynamique anxiogène.

1. Une préférence naturelle pour les contenus négatifs sur les réseaux sociaux

Notre cerveau est câblé pour repérer les menaces. Ce que les neuroscientifiques appellent le biais de négativité désigne cette tendance innée à accorder davantage d’attention aux informations perçues comme dangereuses, tristes ou inquiétantes. D’un point de vue évolutif, cela nous a permis de survivre : mieux valait prêter attention à un bruit suspect dans la forêt qu’à un coucher de soleil magnifique. Ce mécanisme de survie est toujours actif, même dans un monde moderne. Il se manifeste par une sensibilité accrue aux mauvaises nouvelles, que notre esprit traite comme des signaux d’alerte, déclenchant stress, vigilance et hyperattention. Sur les réseaux sociaux, cela se traduit par une réactivité plus forte aux titres choquants, aux vidéos violentes, aux scandales, aux conflits. Ces contenus génèrent une émotion immédiate et captent notre attention, ce qui explique leur forte viralité. Notre cerveau, sans en avoir conscience, scanne le fil d’actualité à la recherche de « dangers », ce qui alimente le doomscrolling sans que nous ne le réalisions pleinement.

2. Le rôle des algorithmes des réseaux sociaux

Les algorithmes jouent un rôle central dans le renforcement du doomscrolling. Conçus pour maximiser le temps passé sur une plateforme, ils apprennent de nos comportements et nous présentent des contenus en fonction de nos réactions passées. Si vous avez déjà interagi avec un article alarmant ou une vidéo choquante, il est probable que l’algorithme vous propose du contenu similaire par la suite. En d’autres termes, il vous alimente en ce qu’il pense que vous aimez… même si cela vous rend anxieux. Les publications négatives, parce qu’elles provoquent plus de réactions émotionnelles (colère, peur, indignation), génèrent généralement plus de clics, de commentaires, de partages. Cela crée un cercle auto-alimenté : ce qui vous affecte est ce qui est mis en avant, encore et encore. Le doomscrolling devient alors un effet secondaire d’un système pensé pour l’engagement, pas pour le bien-être de ses utilisateurs.

3. La peur de rater une information importante sur un fil d’actualité

À cette mécanique s’ajoute un phénomène très répandu dans l’économie numérique : La FOMO (acronyme de « Fear Of Missing Out« ), ou peur de manquer quelque chose. Ce sentiment d’anxiété sociale pousse de nombreux utilisateurs à vérifier leurs flux constamment, de peur de ne pas être au courant d’un événement majeur, d’un changement important, d’une alerte critique. Même si cela engendre du stress, l’idée de ne pas savoir est souvent vécue comme plus désagréable encore. Le doomscrolling devient ici une tentative (vaine) de contrôle. En absorbant un maximum d’informations, on espère anticiper, comprendre, se rassurer. Mais le flot est ininterrompu, les nouvelles souvent contradictoires, et la sensation d’épuisement s’installe, sans jamais que l’on ait vraiment l’impression d’avoir « tout vu ».

4. Un comportement auto-renforcé du doomscrolling

Comme toute action répétée qui procure une forme de satisfaction immédiate, le doomscrolling s’auto-entretient. Chaque geste de scroll, chaque nouveau contenu découvert, déclenche une petite libération de dopamine, le neurotransmetteur du plaisir et de la récompense. Même si les contenus sont sombres, le simple fait de faire défiler produit une micro-récompense. Ce phénomène est similaire à ce que l’on observe dans les jeux de hasard ou l’usage compulsif des notifications : un circuit de récompense fragile, mais suffisant pour créer une habitude. Peu à peu, l’utilisateur développe une forme de dépendance : il scrolle sans but précis, souvent sans même s’en rendre compte. Les contenus s’enchaînent, toujours plus nombreux, plus dramatiques, plus captivants. Il devient difficile d’arrêter. Le cerveau, en recherche constante de nouveauté émotionnelle, reste accroché. Le doomscrolling devient alors une sorte de rituel inconscient, renforcé par le design même des interfaces, flux infinis, contenus personnalisés, transitions fluides.

Cette combinaison (vulnérabilité psychologique, logique algorithmique et design addictif) explique pourquoi le doomscrolling est si courant. Ce n’est pas un manque de volonté individuelle, mais un effet systémique d’un environnement numérique pensé pour capter notre attention, pas pour la préserver.

causes du doomscrolling

Comment reconnaître le doomscrolling et s’en protéger ?

Le doomscrolling peut sembler anodin, voire être confondu avec une simple curiosité ou un besoin légitime d’information. Pourtant, à la longue, ce comportement peut avoir un impact bien réel sur la santé mentale et émotionnelle des utilisateurs. Anxiété persistante, troubles du sommeil, baisse de motivation, fatigue mentale, voire sentiment d’impuissance face aux événements : les effets du doomscrolling s’installent souvent de manière insidieuse, sans que l’on s’en rende compte. C’est pourquoi il est essentiel d’apprendre à le reconnaître et à s’en prémunir. La première étape consiste à identifier les signes avant-coureurs de ce comportement. Ensuite, il devient possible de mettre en place des stratégies pour reprendre le contrôle de son attention et retrouver une relation plus apaisée aux réseaux sociaux et aux écrans.

1. Repérer les symptômes du doomscrolling

Il n’existe pas de test officiel pour diagnostiquer le doomscrolling, mais certains signes récurrents peuvent alerter. Ils ne sont pas tous systématiques, mais leur accumulation peut indiquer une spirale en cours :

  • Vous passez plus de 30 minutes à défiler des contenus négatifs sans vous en rendre compte : Ce qui commence comme une simple vérification rapide des actualités ou des réseaux se transforme en une session prolongée. Le temps semble s’échapper, et vous êtes absorbé par un flot continu d’informations sombres, sans percevoir le moment exact où vous avez perdu le contrôle. Une heure peut passer sans que vous ayez réellement retenu ou appris quelque chose de nouveau, mais avec une charge émotionnelle bien réelle ;
  • Vous vous sentez nerveux, oppressé ou démoralisé après avoir consulté les réseaux : Au lieu de ressentir une sensation de connexion ou de satisfaction, vous quittez les plateformes avec un poids dans la poitrine, une tension dans le corps ou une impression de lassitude. Même si aucun événement personnel ne justifie ce mal-être, l’exposition répétée à des contenus anxiogènes (catastrophes, conflits, drames) laisse une empreinte émotionnelle durable.
  • Vous consultez votre téléphone dès que vous avez une pause ou du temps libre, même sans objectif précis : vous sortez votre smartphone à la moindre seconde d’ennui : dans la file d’attente, dans les transports, pendant les repas, ou même en regardant une série. Ce geste devient réflexe, souvent sans conscience. Vous ne cherchez rien de particulier, mais scrollez mécaniquement pour « passer le temps », sans réaliser que cette habitude grignote peu à peu votre concentration et votre présence au moment présent ;
  • Vous avez du mal à vous endormir après avoir utilisé votre smartphone le soir : Les images, les titres, les vidéos ou les discussions croisées sur les réseaux continuent de vous hanter une fois les lumières éteintes. L’activité mentale reste élevée, rendant l’endormissement difficile. Vous ruminez les informations consultées, ressentez une tension persistante ou vous sentez « trop plein » d’informations pour trouver le calme nécessaire au repos. Parfois, cela se traduit même par des réveils nocturnes ou un sommeil agité ;
  • Vous avez l’impression de « devoir » rester informé, même si cela vous stresse : L’idée de rater une annonce importante, une évolution critique ou un événement majeur vous pousse à retourner encore et encore sur vos flux. Même lorsque vous êtes conscient que cette surconsommation vous épuise, vous avez du mal à vous arrêter, animé par une sensation de responsabilité implicite : celle d’être à jour, de tout comprendre, de tout suivre. Cette pression auto-imposée devient un facteur de stress silencieux mais constant ;
  • Vous scrollez par automatisme, même lorsque vous êtes en présence d’autres personnes : Lors d’un dîner, d’une réunion de famille ou entre amis, vous réalisez que vous avez décroché de la conversation pour vérifier votre fil d’actualité. Le téléphone devient un échappatoire discret, une bulle isolante. Ce comportement réduit la qualité des interactions humaines, dégrade votre capacité d’écoute et installe une distance émotionnelle même dans les moments de partage. Le doomscrolling agit alors comme un mur invisible entre vous et votre entourage.

Ces signes ne sont pas à culpabiliser, mais à observer avec bienveillance. Le doomscrolling est une réponse humaine à un environnement numérique conçu pour capter notre attention. Il ne s’agit pas de « faiblesse », mais d’un comportement déclenché par des mécanismes puissants qu’il faut apprendre à apprivoiser.

2. Quelques astuces pour lutter contre le doomscrolling

Sortir de cette spirale ne signifie pas se couper entièrement des réseaux sociaux ou de l’information, mais retrouver une forme de souveraineté attentionnelle. Voici quelques stratégies concrètes et faciles à mettre en place pour atténuer l’impact du doomscrolling dans votre quotidien :

Astuce Description
Limiter le temps d’écran Utilisez les fonctionnalités intégrées à votre smartphone (comme le « temps d’écran » sur iOS ou le « bien-être numérique » sur Android) pour fixer des limites quotidiennes sur les applications les plus utilisées. Ces outils permettent de visualiser combien de temps vous passez sur chaque plateforme, de programmer des alertes personnalisées, et de verrouiller l’accès passé un certain seuil. Cela aide à prendre conscience de l’usage réel que vous faites de vos écrans, et à instaurer des limites réalistes et progressives.
Changer vos sources d’information Rééquilibrez votre alimentation informationnelle en vous abonnant à des médias plus positifs, pédagogiques ou spécialisés dans le « journalisme de solutions ». Vous pouvez aussi varier les formats : newsletters thématiques, podcasts calmes, chaînes YouTube documentaires. L’objectif n’est pas de fuir la réalité, mais de ne plus la voir uniquement à travers le prisme du drame. Une vision plus nuancée du monde contribue à apaiser l’anxiété générée par l’exposition répétée à des contenus négatifs.
Créer une routine numérique Structurer votre usage des écrans permet de sortir de l’automatisme. Planifiez des plages horaires précises pour consulter vos réseaux sociaux ou vos sites d’actualité, et respectez-les comme vous respecteriez un rendez-vous professionnel. Par exemple, réservez 20 minutes le matin et 20 minutes le soir. Évitez de consulter les flux d’information immédiatement après le réveil ou juste avant le coucher : à ces moments, le cerveau est plus perméable aux émotions, et plus exposé à la surcharge mentale.
Faire des pauses régulières Le cerveau a besoin de respirations régulières pour se régénérer. Appliquez la règle du 20-20-20 : toutes les 20 minutes, prenez 20 secondes pour regarder quelque chose situé à 20 mètres. Cela repose les yeux et l’attention. Déconnectez volontairement plusieurs fois par jour, ne serait-ce que 10 à 15 minutes sans téléphone. Et pourquoi ne pas instaurer une journée « off réseau » par semaine, par exemple le dimanche, pour vous reconnecter à vos activités physiques, créatives ou sociales hors ligne ?
Utiliser le mode « ne pas déranger » Les interruptions fréquentes, même brèves, réduisent considérablement votre capacité de concentration. Activez le mode « ne pas déranger » dès que vous souhaitez préserver votre tranquillité mentale : le soir, pendant vos repas, ou lors de vos temps de repos. Vous pouvez aussi paramétrer des heures silencieuses sur les réseaux, ou désactiver les notifications non essentielles. Cette gestion active des alertes diminue considérablement les sollicitations qui vous ramènent sans cesse au doomscrolling.
Remplacer le scroll par une activité consciente Lorsque l’envie de scroller survient (souvent par réflexe), remplacez-la par un geste intentionnel. Choisissez une activité courte, accessible, mais ressourçante : lire quelques pages d’un livre, dessiner, faire une série d’étirements, marcher 5 minutes en silence, écouter une musique apaisante, méditer. L’objectif est de reprogrammer votre cerveau à chercher une récompense dans une action concrète et bénéfique, plutôt que dans la recherche illimitée de contenus anxiogènes.
Identifier vos déclencheurs Le doomscrolling est souvent déclenché par une émotion ou une situation : stress après le travail, sentiment de solitude, frustration, fatigue, ou ennui profond. En identifiant ces déclencheurs personnels, vous devenez capable d’anticiper vos comportements et de mettre en place des alternatives plus saines. Par exemple, si vous avez tendance à scroller après une réunion stressante, prévoyez un sas de décompression (marche rapide, respiration, appel à un proche) avant de toucher à votre téléphone.

La régulation du doomscrolling demande du temps et de la bienveillance envers soi-même. L’objectif n’est pas de viser la perfection, mais de rééquilibrer petit à petit son rapport aux écrans, à l’information et à son propre bien-être mental. En redevenant acteur de votre attention, vous pourrez retrouver une navigation plus saine, plus sereine, et mieux choisie.

Xavier Deloffre

Xavier Deloffre

Fondateur de Facem Web, agence implantée à Arras et à Lille (Hauts-de-France), je suis spécialiste du Web Marketing, formateur expérimenté, et blogueur reconnu dans le domaine du Growth Hacking. Passionné par le référencement naturel (SEO) que j'ai découvert en 2009, j'imagine et développe des outils web innovants afin d'optimiser la visibilité de mes clients dans les SERPs. Mon objectif principal : renforcer leur notoriété en ligne par des stratégies digitales efficaces et créatives.

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