Les différences entre POST, GET, PUT et DELETE : Comprendre les méthodes HTTP

Par Xavier Deloffre

Lorsque vous visitez un site web, interagissez avec un formulaire, ajoutez un produit à votre panier ou mettez à jour votre profil, vous déclenchez des requêtes HTTP invisibles mais fondamentales. Ces requêtes, émises par votre navigateur, utilisent des « méthodes HTTP » qui définissent l’intention de chaque action : récupérer, envoyer, modifier ou supprimer des données. Les méthodes GET, POST, PUT et DELETE constituent les piliers de cette communication entre le client (navigateur ou application) et le serveur. Dans le cadre d’un développement web moderne, comprendre la signification et l’usage précis de ces verbes HTTP est essentiel. Ces méthodes, codifiées par le protocole HTTP/1.1, s’inscrivent au cœur de la logique REST (Representational State Transfer), un style architectural très utilisé dans la conception d’API web. Chaque méthode est conçue pour une action spécifique sur une ressource, ce qui permet de structurer les échanges de manière cohérente et prévisible. Dans cet article, découvrons ensemble rôle et les particularités des méthodes GET, POST, PUT et DELETE, tout en illustrant leur usage avec des exemples concrets et des cas d’usage adaptés aux projets web.

La logique de chaque méthode HTTP expliquée

Le protocole HTTP (HyperText Transfer Protocol) repose sur un ensemble de méthodes standardisées qui définissent les opérations possibles sur une ressource web. Les quatre principales (GET, POST, PUT et DELETE) s’alignent parfaitement avec la logique CRUD, un principe fondamental en programmation orientée données. Ces méthodes ne sont pas interchangeables : chacune a une fonction bien précise et leur usage doit respecter une sémantique claire. Cette rigueur est particulièrement importante dans le développement d’API RESTful, où la cohérence entre les méthodes et les actions qu’elles déclenchent permet d’assurer lisibilité, maintenabilité et prévisibilité du comportement du serveur. Avant d’entrer dans les détails techniques de chaque méthode, voici une synthèse sous forme de tableau :

Méthode Action Usage courant
GET Lire une ressource Chargement de page, consultation de contenu
POST Créer une ressource Formulaire d’inscription, création d’un article
PUT Modifier (ou remplacer) une ressource Mettre à jour un profil utilisateur
DELETE Supprimer une ressource Suppression d’un commentaire ou d’un fichier

Chaque ressource web (utilisateur, article, produit, image, etc.) est généralement identifiée par une URL. C’est la méthode HTTP choisie dans la requête qui définit ce que le client souhaite faire avec cette ressource. Cette logique permet de structurer les échanges entre le client (navigateur, mobile, logiciel) et le serveur de manière claire, lisible et prévisible.

GET : Lire et interroger sans modifier

La méthode GET est conçue pour interroger une ressource et en obtenir les données. C’est la méthode par défaut utilisée par les navigateurs pour charger une page, récupérer une image ou effectuer une recherche dans un moteur. Elle est qualifiée de sûre, car elle ne doit entraîner aucun changement d’état sur le serveur. Par exemple, consulter la fiche produit d’un article ou afficher un profil utilisateur sont des actions de lecture pures. GET est également idempotente : effectuer une même requête GET plusieurs fois donnera toujours le même résultat, sans effet secondaire. Cette propriété est essentielle pour les systèmes de cache ou pour répéter une requête sans risque. Les paramètres transmis dans une requête GET le sont via l’URL, sous forme de chaîne de requête :

GET /produits?categorie=livres&tri=prix

Cette transparence rend la méthode moins adaptée aux données confidentielles (comme les mots de passe ou les données personnelles), mais très utile pour des actions comme la pagination, les filtres ou les recherches.

POST : Créer une nouvelle ressource

La méthode POST est utilisée lorsqu’il s’agit d’envoyer des données au serveur pour générer une nouvelle ressource ou déclencher un traitement complexe. Elle entre dans la catégorie des méthodes dites non sûres, car elle modifie l’état du serveur Web. Un exemple typique : lorsqu’un utilisateur soumet un formulaire d’inscription, les données saisies sont envoyées en POST au serveur, qui les enregistre dans une base de données.

POST /utilisateurs
{
  "nom": "Dupont",
  "email": "dupont@example.com"
}

Contrairement à GET, POST transmet les données dans le corps de la requête (body), ce qui les rend invisibles dans l’URL. Cela rend POST plus adapté aux données volumineuses ou sensibles.

POST n’est pas idempotente : exécuter deux fois la même requête peut produire deux ressources différentes (par exemple, deux comptes ou deux enregistrements), ce qui impose au serveur de gérer les doublons ou les confirmations d’envoi.

PUT : Modifier ou remplacer une ressource

La méthode PUT permet de remplacer une ressource existante ou, dans certains cas, d’en créer une si elle n’existe pas encore. Elle est le pendant logique de la mise à jour (update) dans la logique CRUD. PUT est généralement utilisé avec une URL contenant un identifiant unique, ce qui indique au serveur la ressource à modifier :

PUT /utilisateurs/42
{
  "nom": "Durand",
  "email": "durand@example.com"
}

Ce type de requête suppose que l’ensemble de la ressource soit fourni dans le corps de la requête. Si certains champs sont omis, ils seront souvent écrasés ou remis à zéro. C’est pourquoi il est courant d’utiliser une autre méthode, comme PATCH, pour les mises à jour partielles. PUT est idempotente : Exécuter plusieurs fois la même requête PUT avec les mêmes données aboutira toujours au même résultat. Cette propriété facilite la résilience d’un système distribué, en particulier lorsque les requêtes peuvent être interrompues ou dupliquées.

DELETE : Supprimer une ressource

Enfin, la méthode DELETE permet de supprimer une ressource existante identifiée par son URL. C’est l’équivalent logique du delete dans une base de données.

DELETE /articles/12

DELETE est également une méthode idempotente : Si la ressource est supprimée, relancer la même requête ne causera pas d’erreur, mais n’aura plus d’effet. Cette stabilité permet de concevoir des APIs robustes et tolérantes aux pannes réseau. En contexte réel, les suppressions peuvent être définitives (effacement direct de la base de données) ou logiques (changement de statut, passage à « archivé » ou « inactif »). Certaines applications préfèrent implémenter un système de corbeille, permettant à l’utilisateur de restaurer des éléments supprimés par erreur.

Pour des raisons de sécurité, les requêtes DELETE doivent souvent être accompagnées d’un mécanisme de confirmation (ex. double validation, token CSRF, etc.), notamment lorsqu’elles concernent des données sensibles, comme un compte utilisateur ou un document contractuel.

logique de chaque methode http

Les bonnes pratiques d’utilisation dans une API REST

Les méthodes HTTP ne sont pas qu’une formalité dans une API REST : Elles constituent le langage fondamental à travers lequel les applications clientes communiquent avec le serveur. Une mauvaise utilisation de ces méthodes peut entraîner des comportements inattendus, des failles de sécurité, une mauvaise interprétation côté client, ou simplement une API difficile à maintenir et à documenter. À l’inverse, des choix cohérents et bien structurés permettent d’obtenir une interface claire, intuitive et évolutive. Voici un ensemble de bonnes pratiques à adopter pour tirer pleinement parti des méthodes GET, POST, PUT et DELETE dans le cadre d’une architecture RESTful :

  • Respecter la sémantique des méthodes HTTP : Chaque méthode doit correspondre à une intention bien définie. Utilisez GET uniquement pour lire des données, sans effet de bord ; POST pour créer de nouvelles ressources ou déclencher des traitements complexes ; PUT pour remplacer une ressource existante par un nouvel état complet ; et DELETE pour supprimer une ressource identifiée. S’écarter de cette logique sémantique nuit à la clarté de l’API et à l’attente implicite des développeurs tiers ;
  • Préserver l’idempotence là où elle est attendue : Les méthodes PUT et DELETE doivent rester idempotentes, c’est-à-dire qu’une même requête envoyée plusieurs fois doit avoir le même effet. Cela facilite la gestion des interruptions réseau, les retries automatiques et la cohérence globale du système. Par exemple, supprimer deux fois la même ressource avec DELETE ne doit pas générer une erreur 500, mais plutôt un statut 204 (No Content) si la ressource n’existe plus ;
  • Organiser les URLs selon une logique de ressources : REST repose sur une identification claire des ressources par des URLs stables et prévisibles. Évitez les verbes dans les chemins (/createUser, /deleteProduct) et préférez une organisation simple et descriptive, comme :
    • /utilisateurs → liste des utilisateurs (GET), ou création d’un utilisateur (POST)
    • /utilisateurs/42 → accéder à l’utilisateur n°42 (GET), le mettre à jour (PUT), ou le supprimer (DELETE)

    Cela rend l’API plus lisible, facilite son apprentissage et s’aligne sur les standards REST ;

  • Utiliser correctement les codes de statut HTTP : La réponse d’une API ne se limite pas à ses données. Le code HTTP de retour est une information capitale pour le client. Voici quelques correspondances utiles :
    • 200 OK : la requête s’est bien déroulée et une réponse est fournie.
    • 201 Created : la ressource a été créée avec succès (utilisé avec POST).
    • 204 No Content : la requête a réussi mais il n’y a rien à renvoyer (souvent avec DELETE ou PUT).
    • 400 Bad Request : les données envoyées sont incomplètes ou invalides.
    • 401 Unauthorized : l’accès nécessite une authentification.
    • 403 Forbidden : l’authentification est correcte, mais l’accès est interdit.
    • 404 Not Found : la ressource demandée n’existe pas.
    • 500 Internal Server Error : une erreur inattendue s’est produite côté serveur.

    Bien gérer ces statuts améliore grandement la compréhension des erreurs et l’expérience des développeurs qui consomment l’API.

  • Ne pas détourner POST pour tous les usages : POST est souvent mal utilisé comme une solution « fourre-tout » pour toutes les interactions, ce qui nuit à la clarté de l’API. On retrouve parfois des requêtes POST qui suppriment, modifient ou consultent des ressources, faute d’avoir implémenté les autres méthodes. Cette pratique casse la sémantique REST et empêche l’optimisation via les caches HTTP ou les middlewares intelligents. REST n’est pas une simple convention de nommage, c’est un contrat implicite entre client et serveur ;
  • Privilégier des formats de réponse standardisés : Au-delà des méthodes, l’harmonisation des réponses JSON permet aussi une meilleure lisibilité. Inclure des objets structurés, des statuts explicites, voire des liens hypermedia (HATEOAS) dans les réponses rend l’API plus auto-documentée. Exemple :
    {
      "status": "success",
      "data": {
        "id": 42,
        "nom": "Durand",
        "email": "durand@example.com"
      }
    }

    Cela permet aux développeurs d’anticiper la structure des réponses, même sans documentation exhaustive ;

  • Mettre en œuvre la pagination, le tri et les filtres dans les requêtes GET : Lorsqu’une ressource est susceptible de contenir une grande quantité d’éléments (produits, utilisateurs, commentaires…), il est essentiel de proposer des paramètres pour limiter le volume retourné :
    • ?page=2&limit=25 → pagine les résultats
    • ?sort=nom → trie les éléments
    • ?filtre=actif → filtre selon un critère

    Cela évite les charges inutiles sur le réseau et améliore la réactivité du client.

  • Sécuriser les méthodes sensibles : DELETE, PUT et POST doivent toujours être protégées par une authentification robuste (token JWT, OAuth2, clé API, etc.), et idéalement par un contrôle de rôle (droits d’accès). Sans cela, un simple script malveillant ou une faille XSS pourrait déclencher des modifications critiques côté serveur ;
  • Documenter l’API de manière explicite : Même avec une structure REST bien conçue, une documentation claire reste indispensable. Utiliser des outils comme Swagger/OpenAPI permet de générer des spécifications interactives, tester les méthodes en direct, et faciliter l’onboarding des développeurs externes.

Une bonne API REST sur WordPress comme ailleurs repose autant sur la clarté des chemins que sur la pertinence des méthodes utilisées. L’objectif n’est pas seulement de rendre l’interface fonctionnelle, mais également compréhensible, prévisible et conforme aux standards du web. En respectant ces pratiques, on réduit les bugs, on améliore l’expérience des développeurs et on prépare le terrain pour une API durable et facile à faire évoluer.

Dans un contexte de microservices, d’applications mobiles ou d’intégrations tierces, ces principes prennent encore plus de valeur : ils permettent à des systèmes hétérogènes de communiquer sans ambiguïté, et à de nouvelles équipes de s’intégrer rapidement à l’écosystème existant.

Xavier Deloffre

Xavier Deloffre

Fondateur de Facem Web, agence implantée à Arras et à Lille (Hauts-de-France), je suis spécialiste du Web Marketing, formateur expérimenté, et blogueur reconnu dans le domaine du Growth Hacking. Passionné par le référencement naturel (SEO) que j'ai découvert en 2009, j'imagine et développe des outils web innovants afin d'optimiser la visibilité de mes clients dans les SERPs. Mon objectif principal : renforcer leur notoriété en ligne par des stratégies digitales efficaces et créatives.

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